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ACT Croatie : galères, rencontres et kiff XXL



Mi-juillet, quatre potes, des motos bien chargées et un plan simple : tracer vers la Croatie par l’ACT. Spoiler : on a roulé, on a ri, on a bricolé… beaucoup.


Metz → Bovec (Slovénie) : la mise en jambe


Départ en fin de journée. Alexis et moi chargeons les deux Ténéré 700 sur la remorque, cap sur Bovec, en Slovénie. Premier stop à Munich pour la nuit : petit B&B pas donné… mais avec un distributeur de bières fraîches dans le hall. Bienvenue en Allemagne !

Petit-déj’ costaud, on repart. L’Autriche, c’est tout de suite plus agréable que l’autoroute allemande : paysages de dingue. On pique un peu en Italie, puis on bascule en Slovénie par une jolie route de montagne. Le brouillard tombe, il est 17 h. Une heure plus tard, on arrive à Bovec sous une belle averse.



Camping de Bovec

On trouve rapidement un camping pour poser les tentes et garer la voiture. On grimpe au village chercher un bar en attendant Nicolas, Thibaut et Mathieu. Smash burger, frites, grande pinte : on est bien. Finalement, les copains arriveront tard. Dodo à 23 h pour nous… réveil à 2 h : ils débarquent, tentes montées, un petit shooter, et hop au lit.


Jour 1 : on équipe, on roule… et ça commence


Courses pour un gros petit-déj’, puis préparation des motos. Mathieu change la roue de sa Transalp (achetée 250 € cinq jours avant — oui, ça compte pour la suite).Thibaut nous prévient : l’alternateur de sa GS 800 fait des siennes. Plan B : échanger la batterie avec la Transalp pour tenir 100–200 km (ça compte aussi pour la suite).

On est prêts : pare-pierres, bottes, gants, tout l’attirail. Direction la frontière croate. Pas d’objectif précis, on s’arrêtera quand la fatigue (et la nuit) tomberont. Beaucoup de route, peu de chemins. La Slovénie est magnifique : cols, forêts, petites rivières, c’est somptueux.

Dans une grande forêt au charme elfique, pause saucisson, puis reprise. Premier pépin : un des CDI de la Transalp faiblit, la moto ne tourne plus que sur un cylindre. On verra ce soir…

La nuit approche. On chope un chemin dans un petit bois et on tombe sur un spot parfait : cercle de pierres pour le feu, grille de BBQ posée à côté. Bivouac validé.

Saucisses, pain, bières et les copains. Quoi de mieux ?Le lendemain, Mathieu et Thibaut décident de remonter vers Trieste (Italie) chercher un CDI. Avec Alexis et Nicolas, on continue la trace : ils nous rattraperont si ça marche.


Pula → premières pistes, premières boîtes


Cap sur Pula par la route (1 h 30, pas la meilleure partie, mais l’ACT démarre juste derrière).Petit resto, on dégonfle un peu les pneus (on est bien chargés, Mitas Enduro Trail XT+ Dakar oblige : on ne descend pas trop bas), et go.

Ambiance très sèche, buissons grillés, piste sablo-caillouteuse, facile tant qu’on garde du gaz. Au détour d’un virage, première gamelle pour Nicolas et sa Tuareg 660 : un beau high-side, sans gravité. Pour lui, c’est une première en off-road chargé comme des ânes !

Ténéré 700 Tuareg 660

On s’éclate. À part la poussière et les 30 °C, c’est top.

Je propose un détour au lac Akumulaciono Jezero Butoniga, repéré sur Google Maps et proche de la trace. Mauvaise pioche : c’est une véritable cuvette, avec des accès type Hard Défi Tour. On grimpe, on redescend, ornières, pavasses… Une heure de hard pour revenir au point de départ. Zéro pointé.

Sur un chemin plus roulant, on croise une voiture. Un Croate d’une soixantaine d’années sort d’un buisson. On s’attend à se faire engueuler… Pas du tout ! Ultra sympa, pas un mot d’anglais, nous pas un mot de croate. Il nous indique un chemin raide vers le lac. Il mime qu’il a du rakija (eau-de-vie) et nous propose de venir boire un coup. Les Croates : cœur sur vous.

On descend. Spot de rêve : coin feu, table et bancs faits maison, accès direct au lac. Tout est en pente, mais des plateformes ont été calées pour poser les tentes bien droites. Baignade : l’eau est parfaite. On apprend que Mathieu et Thibaut ont trouvé un CDI à Trieste ; ils le récupèrent demain et nous rejoignent.

Lac Akumulaciono Jezero Butoniga

La nuit ? Orchestre de grenouilles à 10 m (bouchons obligatoires) et sanglier… enfin, bruits absurdes sur l’enceinte des copains pour me faire flipper.

À 2 h, quelques gouttes. Je check la météo : orage prévu à 4 h. Problème : nos fringues sont étendues dans les arbres. Réveil de l’équipe, rangement express. Au final, juste une petite pluie d’une heure. Tant mieux : la grimpette pour sortir du spot s’annonce sportive. Sèche, ça passe crème.

Lac Akumulaciono Jezero Butoniga












Vers Rijeka : chute dans les buissons et belles rencontres


On file vers Rijeka. Les chemins deviennent plus boisés. À un carrefour, plus de Nico dans l’intercom. Demi-tour. Je le retrouve en bas d’une descente, clope au bec, valises défaites, sa moto couchée dans un fossé de buissons. Une petite bosse d’herbe au milieu du chemin, l’arrière décroche, et plouf dans le buisson. Impossible de relever la moto seul. Même à deux, c’est sport. J’appelle Alexis en renfort. On la sort.

Deux motos arrivent : R1250GS Adventure et KTM 890 Adventure, deux quinquas allemands. Ils font l’ACT en sens inverse. L’un parle français, connaît Metz (on vient de là) — normal, il est de SarreLouis. On papote, chacun repart.

Jusqu’à Rijeka, plus de chute. Pistes agréables, rien d’insurmontable.


Nuit à Rijeka : la découverte du burek


On s’arrête en bord de mer à l’entrée de la ville, une bière, des news des copains à Trieste : bonne nouvelle, ils ont le CDI. On prend un Airbnb en plein centre : on décharge, douche, balade. Gyros à 20 m, bars et restos partout.

Rijeka
Rijeka

On enchaîne les bars. La fatigue résiste, puis disparaît (aucun rapport avec les Jägerbombs). Ambiance de feu, gens adorables. On se fait des potes.

Rijeka

Vers 3 h, Luka nous emmène manger. Boulangerie ouverte 24/7. Il nous offre un burek chacun — version pizza. On s’assoit sur un banc en pierre : triangle chaud, croustillant, meilleur snack post-soirée… et 3 €. Imbattable.

On échange nos Instagram, dodo tard. 9 h, ça toque : la femme de ménage. On reprend une nuit : impossible de se lever.

L’après-midi, Mathieu et Thibaut arrivent de Trieste avec le CDI. Le soir, on les emmène boire un verre dans notre bar. On planifie la journée du lendemain.


Dernier jour pour Alexis : fin de partie pour la Transalp


Motivés. Alexis doit remonter sur Bovec récupérer voiture et remorque. On roule tôt pour profiter au max.

Sur la première portion off-road, la Transalp recoupe. On s’arrête, on change le CDI. Redémarrage… coup dur : le CDI neuf ne fonctionne pas. La moto est toujours sur un cylindre.

GS800 Ténéré 700 Tuareg 660

Mathieu est dégouté. On est au milieu de nulle part avec une Transalp qui n’avance plus. Solution sage : il prend ma place sur la remorque d’Alexis et remonte avec lui à Bovec. Il part avant pour prendre de l’avance, parce que sur un cylindre, c’est lent.

Avec Thibaut, Nicolas et moi, on continue la trace jusqu’à 14 h, heure où Alexis file vers la Slovénie.


La GS 800 dit stop...


11 h 30 : la GS montre des signes de faiblesse. Et là, on réalise un truc con : sans la Transalp, impossible d’échanger les batteries. Dix minutes plus tard, la GS s’arrête. Plein cagnard.

Heureusement, Alexis avait des fils dans son sac. On ponte sur la Tuareg pour recharger la batterie de la GS. Pose imposée, sieste express, on dit au revoir à Alexis. On n’est plus que Nico, Thibaut et moi. Les emmerdes, oui. Le paysage ? Grandiose. On attend une heure que la batterie prenne un peu.

GS800 Ténéré 700 Tuareg 660

Ça repart… mais pour peu de temps. Je trace un raccourci vers le premier village, pour éviter de re-tomber en rade au milieu de rien. 16 km en descente : parfait, Thibaut coupera le moteur sur la route.

On atteint Sveti Juraj, bar, bilan : continuer ainsi est impossible. Même rentrer serait galère : s’arrêter tous les 100 km…

Je tente un SOS sur le groupe Facebook TET. Miracle : un contact nous file un numéro à Senj (10 min). Peut-être notre sauveur.

On prend un camping un peu plus haut. Baignade Adriatique, bière, pizza et dodo. Thibaut envoie un SMS : alternateur de GS ? Ou batterie à défaut. Pas de réponse.


Senj, la débrouille → la plus belle portion


Au matin, réponse : pas d’alternateur, mais peut-être une batterie. On décolle… sans adresse (bravo). Le gars ne répond plus. On tourne à Senj, on interroge les passants. Garage auto, portes ouvertes, personne. Le patron arrive avec un ami : pas la bonne piste.

Je check Google : un magasin Kawasaki à 30 min, il est 11 h 30, ça ferme à midi. Gaz !

Petite boutique, super accueil, on récupère une batterie. L’atelier nous file des câbles plus longs. Montage de gitan : une batterie dans la sacoche latérale de la Tuareg, reliée par des fils à sa batterie, pour recharger pendant que la GS se décharge. Pas académique, mais efficace.

On repart profiter. Et là… magique.


GS800 Ténéré 700 Tuareg 660

Chemins de montagne, relief, panoramas de cinéma. Ma portion préférée du trip.

Le soir, on prend un Airbnb à Karlobag. Apparemment c’est la fête au village : resto, dernière bière, dodo.

GS800 Ténéré 700 Tuareg 660








Le retour : carte postale croate, douche froide allemande


Première partie de retour parfaite : la route côtière croate est sublime. Beau temps, ça déroule.

En Italie, la météo tourne : brume, températures qui chutent. On dort dans un petit hôtel motard, pizzas maison excellentes, pas chères, motos au garage.

Le matin, ciel menaçant. On sait qu’on va prendre la pluie. En Allemagne, ça tombe, puis ça s’arrête, puis… déluge à une heure de la frontière française, avec orage en prime.

Retour compliqué. J’arrive chez moi à 2 h du matin, avec des arrêts fréquents pour interchanger les batteries afin que la BMW avance.


Bilan : c’était fou (et on veut déjà repartir)


Malgré les pannes, les détours et la météo capricieuse, ce trip a été incroyable. Le tracé ACT, les rencontres, les paysages, l’adrénaline et même la débrouille : un pur bonheur.

Je retire péniblement mes bottes dans le garage, quand une envie me traverse comme un éclair : « Bordel, j’ai déjà envie de repartir ! »


Dans l’escalier jusqu’au 4ᵉ, j’imagine déjà le prochain trip


Et toi, c’est quoi ton prochain trip ?












Infos pratiques & petites leçons (à retenir)

  • Pressions pneus : chargé + chaleur + pistes caillouteuses → dégonfle un peu, mais pas trop, surtout avec des Mitas Enduro Trail XT+ Dakar.

  • Élec’ old school : CDI/alternateur capricieux ? Anticiper ponts, câbles, et batterie de secours si possible.

  • Bivouac : toujours ranger avant l’orage (et méfie-toi des grenouilles chanteuses).

  • Bouffe : teste le burek (mention spéciale aux Burek pizza à Rijeka).

  • Spots eau : les lacs en cuvette peuvent être un piège d’accès quand tu es crevé et chargé.

 
 
 

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