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Pol Tarrés emmène la Ténéré 700 dans l’enfer de l’Erzbergrodeo

  • il y a 5 jours
  • 5 min de lecture
Pol Tarrés établit un nouveau record à l’Erzbergrodeo 2026 sur Yamaha Ténéré 700. Retour sur l’exploit Yamaha, le rôle de Kevin Gallas et la démonstration des grosses cylindrées en hard enduro.

On savait déjà que Pol Tarrés n’avait pas exactement la même définition que nous du mot “raisonnable”.

Mais là, Yamaha vient encore de pousser le curseur un peu plus loin.

Pour la 30e édition du Red Bull Erzbergrodeo, l’une des courses de hard enduro les plus sauvages de la planète, la marque japonaise a engagé Pol Tarrés et Kevin Gallas sur Yamaha Ténéré 700.

Oui, une Ténéré 700.

Pas une petite 300 deux-temps légère comme une plume. Pas une enduro affûtée pour grimper aux arbres. Une grosse trail bicylindre, celle qu’on imagine plutôt chargée pour partir en voyage, manger de la piste et dormir sous la tente.

Sauf qu’à Erzberg, le décor n’a rien d’une balade du dimanche.


Erzbergrodeo : bienvenue chez les gens qui souffrent volontairement

Chaque année, la carrière de fer d’Erzberg, en Autriche, devient un immense terrain de torture pour pilotes motivés.

Pendant quatre jours, les participants affrontent de la pente, du caillou, de la poussière, des marches, des montées impossibles et des bouchons humains dans les pires endroits.

Le dimanche, c’est le fameux Hare Scramble : 500 pilotes au départ, 27 checkpoints à aller chercher, 4 heures maximum, et seulement une poignée de survivants à l’arrivée.

En clair : même avec une vraie moto d’enduro, c’est déjà un chantier.

Alors avec une Ténéré 700, on change carrément de catégorie. Là, on ne parle plus seulement de performance. On parle d’un mélange entre pilotage, mental, technique, physique… et légère dose d’inconscience parfaitement assumée.


Une semaine qui commence fort

Le week-end a démarré avec le Remus Rocket Ride, une montée de côte explosive où il faut envoyer fort tout de suite.

Kevin Gallas, déjà très à l’aise avec les grosses cylindrées, a réussi à atteindre la finale. Et pas pour faire de la figuration : il termine cinquième, en étant la seule grosse cylindrée dans la sélection finale.

De son côté, Pol Tarrés passe tout près de la finale, avec une cinquième place en demi-finale.

Puis vient le Prologue, disputé vendredi et samedi. Objectif : signer un chrono suffisant pour intégrer les 500 qualifiés du Hare Scramble.

Là encore, les deux pilotes Yamaha font le boulot. En catégorie bicylindre, ils se placent aux avant-postes et s’offrent une bonne position de départ pour le dimanche.

Sur le papier, c’est déjà solide.

Mais le vrai morceau, évidemment, c’est le Hare Scramble.


Pol Tarrés établit un nouveau record à l’Erzbergrodeo 2026 sur Yamaha Ténéré 700. Retour sur l’exploit Yamaha, le rôle de Kevin Gallas et la démonstration des grosses cylindrées en hard enduro.

Pol Tarrés vs l’Iron Giant

Dimanche, place à la vraie guerre.

Pol Tarrés ne part pas comme un chien fou. Il sait très bien que l’Erzberg ne pardonne pas. Encore moins avec une moto aussi lourde et physique qu’une Ténéré 700.

Sa stratégie est simple : gérer, économiser la machine, garder de l’énergie, ne pas tout donner trop tôt.

Et ça marche.

Checkpoint après checkpoint, l’Espagnol avance. Là où beaucoup s’arrêtent, lui continue. Là où une grosse cylindrée devrait normalement devenir un handicap insurmontable, Tarrés transforme la Ténéré en outil de précision.

Pas parce que c’est facile. Mais parce qu’il a le niveau pour rendre possible un truc qui ne devrait pas l’être.

Puis arrive le moment où l’objectif change.

À l’approche du checkpoint 16, l’équipe comprend qu’un record est jouable. Le genre de record qui dépasse le simple coup de communication.

À partir de là, plus question de simplement “faire bonne figure”. Il faut aller chercher le maximum.

Et Tarrés pousse jusqu’au checkpoint 19.

Résultat : nouveau record pour une grosse cylindrée à l’Erzbergrodeo, et une 77e place au général sur 500 partants.

Sur une Ténéré 700.

Rien que ça.


Pol Tarrés établit un nouveau record à l’Erzbergrodeo 2026 sur Yamaha Ténéré 700. Retour sur l’exploit Yamaha, le rôle de Kevin Gallas et la démonstration des grosses cylindrées en hard enduro.

La Ténéré 700, pas juste une moto de voyage

Ce qui rend l’exploit encore plus fort, c’est que la moto a encaissé les quatre heures sans problème mécanique majeur annoncé.

Et ça, dans une course comme l’Erzberg, ce n’est pas un détail.

Parce que l’Iron Giant ne fait pas semblant. Il casse les pilotes, il casse les motos, il casse les ambitions. Les machines subissent des chocs, des surchauffes, des efforts permanents, des relances brutales, des passages à très basse vitesse, des marches, des pierres, des plantages.

La Ténéré 700 n’est pas devenue une enduro du jour au lendemain. Elle reste une grosse trail.

Mais ce résultat montre une chose : bien préparée, bien pilotée, et entre les mains d’un extraterrestre comme Tarrés, elle peut aller beaucoup plus loin que ce que la majorité des gens imaginent.

Et ça, pour Yamaha, c’est évidemment une démonstration énorme.


Kevin Gallas, le coéquipier qui joue collectif

L’autre point intéressant, c’est le rôle de Kevin Gallas.

Après avoir atteint ses objectifs sur le Rocket Ride et le Prologue, il choisit de stopper volontairement très tôt dans le Hare Scramble pour se concentrer sur l’accompagnement de Pol Tarrés.

Sur une course pareille, ce n’est pas anodin.

Il l’aide sur les lignes, le ravitaille, le soutient mentalement, et devient une vraie pièce du puzzle dans la progression de Tarrés.

C’est aussi ça, l’enduro extrême : derrière l’image du pilote seul face à la montagne, il y a souvent une équipe, des choix, des sacrifices et une stratégie.

Gallas aurait pu chercher sa propre course. Il a choisi de maximiser les chances du projet Yamaha.

Et vu le résultat, difficile de dire que c’était une mauvaise décision.


Pol Tarrés établit un nouveau record à l’Erzbergrodeo 2026 sur Yamaha Ténéré 700. Retour sur l’exploit Yamaha, le rôle de Kevin Gallas et la démonstration des grosses cylindrées en hard enduro.

Un coup marketing ? Oui. Mais pas que.

Évidemment, Yamaha ne fait pas ça uniquement pour le plaisir de transpirer dans une carrière autrichienne.

Engager une Ténéré 700 à l’Erzbergrodeo, c’est un message.

C’est montrer que la moto n’est pas seulement une belle machine de voyage avec un look aventure. C’est montrer qu’elle peut encaisser du très lourd. C’est aussi nourrir l’image d’une moto simple, solide, capable et crédible dès que le bitume disparaît.

Mais attention : il ne faut pas tout mélanger.

Ce que Pol Tarrés fait avec une Ténéré, 99,9 % des motards ne le feront jamais. Et c’est très bien comme ça.

L’exploit ne veut pas dire que n’importe qui peut prendre une T7 stock, mettre deux valises, et aller grimper l’Erzberg en sifflotant.

Ça veut juste dire que la base est sérieuse, que la moto est solide, et que le potentiel existe quand le pilote a le niveau.

La nuance est importante.


Prochaine étape : les Red Bull Romaniacs

Pol Tarrés et Kevin Gallas doivent ensuite retrouver le terrain extrême aux Red Bull Romaniacs, en Adventure Class.

Après Erzberg, forcément, on va surveiller ça de près.

Parce qu’à force de voir ces deux-là emmener des grosses motos là où elles ne devraient pas aller, on commence à se demander jusqu’où ils peuvent encore pousser le concept.


Conclusion SansPlomb92

Ce genre d’histoire, c’est exactement ce qui rend la moto aussi géniale.

Sur le papier, une Ténéré 700 à l’Erzberg, ça ressemble à une mauvaise idée. Dans les faits, avec Pol Tarrés dessus, ça devient un record.

Et c’est là que le truc est beau.

La T7 n’a pas remplacé une enduro. Elle n’a pas triché avec la physique. Elle a juste prouvé qu’une grosse trail, bien préparée et pilotée par un mec hors norme, pouvait aller se frotter à l’un des terrains les plus violents du monde.

Est-ce que ça veut dire qu’on va tous faire pareil dimanche prochain ? Non.

Est-ce que ça donne envie de regarder sa propre moto avec un peu plus d’ambition ? Clairement.

Parce qu’au fond, c’est ça l’esprit trail : ne pas toujours chercher le chemin le plus simple.

Parfois, juste regarder la montée, sourire dans le casque, et se dire :

“Bon… on essaye ?”



 
 
 

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