Contrôle technique moto, où en sommes nous après plusieurs mois de mise en place ?
- romainplgi
- 9 sept. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 28 sept. 2025

Le contrôle technique moto a longtemps été un sujet de débat en France. Alors que les automobilistes sont soumis à un contrôle technique régulier depuis des décennies, les motards y échappaient jusqu'à récemment. Cependant, depuis 2021, le sujet est revenu sur le devant de la scène, en particulier sous la pression de la Commission européenne, qui souhaite harmoniser les règles de sécurité routière au sein de l'Union. Cet article fait le point sur la situation actuelle, les enjeux et les perspectives à venir pour le contrôle technique des motos.
Historique et contexte
En 2014, l'Union européenne a adopté une directive obligeant les États membres à mettre en place un contrôle technique pour les deux-roues motorisés de plus de 125 cm³. Initialement, cette obligation devait entrer en vigueur en 2022, mais la France a longtemps retardé son application, en invoquant un faible nombre d'accidents liés à des défaillances mécaniques sur les motos.
En 2021, un décret a été publié, officialisant l'entrée en vigueur du contrôle technique moto pour janvier 2023. Cependant, face à la colère des associations de motards, et après l’intervention directe du président de la République, Emmanuel Macron, ce décret a été suspendu.
Les enjeux du contrôle technique moto
L’objectif premier du contrôle technique est la sécurité routière. En vérifiant l’état des motos, notamment les freins, la direction, les feux, les émissions polluantes ou encore l’usure des pneus, on cherche à prévenir les accidents liés à des défaillances techniques. Selon des études menées au niveau européen, une part des accidents de moto pourrait être attribuée à des défaillances techniques, même si les chiffres varient selon les pays et les conditions d'enquête.
Un autre enjeu crucial est l'environnement. Le contrôle technique vise aussi à vérifier les émissions polluantes des motos, dans un contexte où les villes cherchent de plus en plus à réduire la pollution de l’air. De nombreuses motos anciennes, qui ne sont pas soumises aux mêmes normes environnementales que les véhicules récents, pourraient ainsi être contraintes d’être mises aux normes ou retirées de la circulation.
Enfin, il y a un aspect économique. Le contrôle technique représente un coût pour les motards, estimé entre 50 et 70 euros, selon les centres et la nature de la vérification. Cela suscite des réticences, notamment chez les motards qui utilisent leur véhicule comme moyen de transport principal.
Opposition des motards
Depuis le début, les associations de motards, à l'image de la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC), se sont opposées fermement à l’instauration de ce contrôle technique. Elles avancent plusieurs arguments. D’abord, elles estiment que le contrôle technique est inutile car les motos, contrairement aux voitures, sont généralement bien entretenues par leurs propriétaires, qui ont conscience des risques qu’ils prennent sur la route.
De plus, les associations soulignent que les accidents de moto sont rarement liés à des problèmes techniques. En France, les principales causes d’accidents de moto sont plutôt la vitesse, les erreurs humaines ou encore le comportement des autres usagers de la route.
Enfin, les motards dénoncent un coup de pouce déguisé à certains lobbies, notamment ceux des centres de contrôle technique, qui bénéficieraient financièrement de cette nouvelle réglementation.
Où en sommes-nous aujourd’hui ?
Le contrôle technique pour les motos a été mis en place en France en 2024, avec des premiers bilans plutôt révélateurs. Depuis le début de son application, les principales raisons de contre-visites concernent l'usure des pneus, les joints spi usés (suintement d'huile), ainsi que des problèmes de visibilité de la plaque d'immatriculation. Ce contrôle technique, qui inclut moins de points de vérification que celui des voitures, se concentre sur les éléments de sécurité comme les freins, la direction, et la pollution sonore.
Les résultats montrent que les motards sont généralement attentifs à l'entretien de leurs véhicules, bien qu'une vigilance accrue soit nécessaire sur certains aspects comme les pneus. En revanche, d'autres catégories de véhicules, comme les cyclomoteurs, affichent des taux de contre-visite plus élevés, atteignant environ 17%, souvent dus à un manque d'entretien régulier (Motoblouz)(Motards de France)(Extreme Riders).
Quant aux chiffres globaux, la Fédération des Motards de France et d'autres acteurs du secteur soulignent que cette première année de mise en place servira de base pour des évaluations futures, les statistiques devant s'affiner dans les années à venir.






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